lundi 11 juillet 2011

Amsterdam

Sur le chemin pour Amsterdam on s'est arrêtés 48 h en bord de mer histoire de changer totalement d'atmosphère après la session Hambourg. Ce genre de pose nous permet aussi de faire toutes les tâches quotidiennes qui sont difficiles à effectuer en ville sans passer pour des gros dégueulasses: vaisselle, douche, lessive, nettoyage de Roger... Les poumons remplis d'air frais, nous nous sommes dirigés vers Amsterdam.




La plupart du temps il nous faut quelques jours de repérage avant de trouver un concert pertinent pour le documentaire. Notre premier jour à Amsterdam a été plutôt surprenant: arrivés à 17H30 en centre ville, on filmait trois concerts géniaux le soir même. On a effectivement fait un petit tour sur internet à notre arrivée pour checker nos mails et regarder ce que les salles de concerts avaient à nous proposer pour la semaine. Il y avait une soirée "country" le soir même dans un ancien squat appelé l'Occi. Le thème de la soirée ne nous branchait pas plus que ça mais lorsqu'on a écouté la programmation on a tout de suite pris le matos et cherché le lieu du concert. Le premier groupe s'appelait Bad Moon Rising.


A même le sol, sous une lumière bleu criarde et psyché, le groupe s'est livré à une performance expérimentale quelque peu déconcertante mais remplie d'atmosphères différentes et envoûtantes. Bad Moon Rising est constitué d'un batteur incontrôlable, d'un guitariste à des milliers de kilomètres du monde réel et d'un mec aux machines qui joue également de la flûte baroque. Un concert surprenant. Le deuxième concert c'était Templo Diez, le groupe qui nous a décidé à venir filmer cette soirée. Entre post-rock, folk, rock psychédélique ou parfois même country, la musique de Templo Diez nous a fait voyager pendant une heure, et on aurait bien voyagé plus longtemps.

L'interview de Pascal, chanteur du groupe, a été l'une des plus instructives depuis le début du trajet. C'est le groupe de country Black Diamond Express Train To Hell qui à clos la soirée. Ce groupe de punk country a transformé l'Occi en saloon dès la première chanson. La plupart des membres étant issus de la musique punk, B.D.E.T.T.H. utilise la musique country dans un esprit contestataire et festif. Le plaisir que les musiciens éprouve sur scène dégage une bonne humeur contagieuse. On a passé une excellente première soirée à Amsterdam.



En revanche, sur les deux semaines que nous avons passé dans la capitale hollandaise, la programmation était loin d'être abondante et nous n'avons trouvé que très peu de lieux "alternatifs" accessibles. Nous avons tout de même fait de belles rencontres et assisté à des concerts de haut niveau. Nous nous sommes rendus à deux reprises dans un café jazz, El Alto. Ambiance jazz, confiné, tamisé, cabaret, que dire de plus...Ah oui, il y a aussi et surtout des lives gratuits avec des musiciens extrêmement talentueux notamment Saskia laroo une trompettiste hollandaise assez excentrique.
Une autre richesse d'Amsterdam est l'art de rue que l'on trouve un peu partout dans la ville. Nous avons rencontré un de ces artistes de rue qui a attiré notre attention avec ses compositions interprété guitare/voix dans un style reggae/folk/alternatif. Il avait bien du talent mais n'avais pas vraiment la tête sur les épaules et son interview en témoignera dans le documentaire...
L'heure est maintenant venu pour la dernière étape avant le retour en France: Londres!

samedi 2 juillet 2011

Hambourg


Nous avons établi campement dans le quartier le plus vivant de Hambourg: " St Pauli", en se garant devant un des plus vieux squats de la ville entre deux autres vans.
Le quartier est traversé par la Reeperbhann, une rue où l'on trouve tout et n'importe quoi. Fast food, sex shop, grandes surfaces, maisons closes institutionnalisées, scènes de rues, bars punk, cinéma, musées... De l'autre côté de ce quartier se trouve le port industriel qui fait partie du paysage de Hambourg.



Pour commencer la semaine, nous avons demandé l'autorisation de filmer dans le squat devant lequel nous étions garés, comme d'habitude la réponse fut non. Nous sommes tout de même parvenus à prendre quelques images à l'intérieur quelques jours après, lors d'une soirée où un concert était organisé.
Il y a beaucoup de bar punk qui font jouer des groupes issus de la scène locale à Hambourg. L'ambiance qu'on y trouve est souvent chaleureuse et les rencontres se font assez facilement.





Plus tard dans la semaine, nous sommes allés filmer un concert au "Hafenklang" un live bar au bord du port. L'atmosphère était au punk old school engagé, le vrai qui sent la bière, la transpiration et qui fait bouger tout le monde. Le seul hic c'est que pour la première fois nous avons dû payer l'entrée, 20 euros par tête... Un peu moins punk.

La ville de Hambourg est parmi les plus surprenantes que nous ayons abordées pour le moment, ça bouge tout le temps, il y a des choses à voir un peu partout, on y trouve beaucoup d’atmosphères différentes, c'est festif et on se sent rapidement chez soi.
Nous partons maintenant pour la Hollande, direction Amsterdam.

PS: Roger tient toujours la route !

jeudi 23 juin 2011

Berlin 2

Après trois jours de festival nous sommes retournés à Berlin pour rencontrer Kiki Sauer du groupe berlinois 17 Hippies. Kiki nous a invité à venir boire un petit apéro au bureau du groupe situé dans les bâtiments d'une ancienne brasserie. Ce bureau est le QG du groupe, ils y font tout: des répétitions à l'administration en passant par l'enregistrement studio.



En 1995, alors que la mouvance électro prenait toute son ampleur à Berlin, plusieurs musiciens dont Christopher Blenkinsop et Kiki Sauer ont décidé de monter un groupe aux influences balkaniques et pop rock à contre courant des nouvelles tendances. Depuis, 17 Hippies à fait du chemin. Ayant commencé à jouer gratuitement dans un petit bar de Berlin devant une audience plus ou moins sceptique, en 16 ans le groupe s'est fait peu à peu une renommée mondiale, se produisant au quatre coins du monde, avec des textes anglais, français et allemands. Le groupe a monté son propre label, ce qui leur permet de gérer eux mêmes la production des albums ou les tournées. Ainsi plusieurs membres du groupe sont affectés à des tâches administratives en plus du travail musical.






Kiki est une passionnée. De musique bien sûr mais aussi de Berlin et son histoire ou des pays et des régions qu'elle a l'occasion de visiter grâce aux tournées. On a discuté pendant plusieurs heures sur divers sujets: l'indépendance du groupe, l'évolution de la scène musicale berlinoise depuis la chute du mur, le statut d'artiste en fonction des pays...Il y aurait beaucoup à rapporter de cette conversation mais on a pas pris de notes.





Le lendemain nous sommes allés filmer la répétition de 17 Hippies dans le même "Büro". Les 13 musiciens étaient au rendez-vous. Ils préparaient un concert à Nantes qui avait lieu le week-end prochain. Le travail principal de la répétition étant d'adapter les chansons de leur nouvel album pour la scène. On les a quittés au bout d'une heure et demie et Kiki nous a donné quelques contacts pour notre prochaine étape: Hambourg.
On a surement oublié des trucs, parce que la matière est dense concernant 17 Hippies, mais pour plus d'infos allez jeter un coup d’œil à leur site >>> http://17hippies.de/

En fin de semaine nous nous sommes rendu au "White Trash", un bar/Concert/Restaurant des plus atypiques que Kiki nous avait conseillé. On y a filmé trois concerts, trois styles différents: du punk brut, de l'electro punk et de l'electro pop post punk...Bref. Trois groupes aux énergies panoramiques. 



Le groupe en tête d'affiche s’appelait Dadajugend Polyform. Ils sont originaires de Berlin et se définissent comme de l'electronica post punk. Si ça ne vous dit rien:

Il y avait également deux autres groupes qui assuraient le début de soirée. Un jeune groupe de punk brut allemand qui a fait une très bonne prestation live: Skeptik in perspektiv. La voix éraillée et la façon de chanter du chanteur (proche de celle de Robert Smith des Cure)  fait la particularité du groupe.




Le troisième groupe était constitué de quatre punks d'une trentaine d'année. La crête, le cuir, les rangers,  du faux sang un peu partout, et une prestation punk electro. Mais si on les interroge sur leur style ils répondent  "punk, pop, folk, kitch, hardcore, métal, electro, post-rock..." , une façon de ne pas se ranger dans une catégorie et de dire que finalement le style n'a pas beaucoup d'importance à leurs yeux. Les Fleischdolls font de la musique ensemble depuis près de 14 ans mais ne se prennent pas au sérieux. Ils font la musique qu'ils veulent mais ont conscience qu'ils ne feront jamais de tube ou ne signeront jamais dans un label: "Au fur et à mesure des concerts on s'est fait des potes et c'est ce qui fait qu'on a un public". 
Comme la plupart des groupes ils payent (de leur temps et de leur poche) pour pouvoir jouer mais le repas offert par la salle de concert les satisfait amplement: "We do it for the burger!". 

mardi 21 juin 2011






Le lendemain d'une soirée électro au Cross Club, grand club de Prague à la déco surréaliste (l’assemblage de pièces de moteurs, machines, sculptures en fer forgés et mécanismes en tous genres font de ce club une œuvre d'art à lui seul), nous avons pris la route pour Berlin.



Pour notre première soirée berlinoise nous avons retrouvé le rappeur new yorkais SpiritChild que nous avions rencontré à Prague. Berlin est en quelque sorte son attache en Europe, il y tourne souvent et connait très bien le milieu hip hop de la ville. Il nous a emmenés à un concert dans la cave du K9, petit club installé dans le quartier Friedrichshain, à Berlin est.  Premier aperçu pour nous du Berlin underground. C'est Ricardo Cien, un chilien vivant à Hambourg, qui a chauffé le public avec un rap espagnol militant et plutôt groovy. Ensuite quatre berlinois sont montés sur scène pour un show passionné et énergique dans une ambiance presque familiale. Le groupe s'appelle connexion musical et SpiritChild qui a réalisé plusieurs featuring avec eux nous a présenté Lena, une berlinoise au flow et au charisme impressionnant.  Nous avons ainsi pu rencontrer le groupe quelques jours plus tard pour une interview et un petit freestyle.

Loin du rap MTV bling bling, le crew connexion musical rap simplement par passion et livre dans ses chansons un témoignage authentique de l'environnement social qui les entourent.  Toujours étudiants, les quatre berlinois se débrouillent pour produire leur musique et se représenter sur scène de manière totalement indépendante, sans label.

Nous sommes restés garé à Friedrichshain pour le reste du séjour car ce quartier est reconnu pour  être l'un des espaces de Berlin où subsiste une forte culture alternative et underground. Quand on se balade dans Friedrichshain on peut tomber à tout moment sur une porte éclairée, remplie de tags, de stickers et d'affiches. Parfois on peut lire sur l'un des boutons de l'interphone le mot "party". Derrière ces portes, se trouvent en général des squats ou des clubs. La majorité d'entre eux sont ce qu'appellent les allemands des hausproject (house project).


Les hausproject, ou certains les appellent encore les squats, sont des batiments occupés par des collectifs militants pour diverses causes sociales. Tous étant résolument d'extrême gauche,  beaucoup d'entre eux affichent des tendances punk ou anarchistes. C'était pour la plupart d'entre eux des bâtiments qui appartenaient à l'état soviétique avant 89, qui après la chute du mur se sont transformés en squats et qui se sont au fur et à mesure plus ou moins légalisés. Les résidents y organisent différents évènements, en général politisés: concerts, débats, repas, projections de films, et ateliers divers...Durant toute la première semaine nous avons tenté de filmer des lives dans ces lieux fascinants en rencontrant les résidents pour leur présenter notre projets et nos motivations. Malgré nos efforts, nous n'avons jamais été autorisés à allumer la caméra à l'intérieur...







Après cette première semaine à Berlin, nous nous sommes rendus du côté de Leipzig à une centaine de kilomètre au sud de la capitale pour assisté à un Festival d'électro en plein air, le « Spring Break Open Air Festival ». La programmation était intéressante avec notamment Bonaparte, Modeselector, Fritz Kalkbrenner, Underworld et Ellen Allien qui tient le plus gros label électro d’Allemagne « Bpitch ». Nous avons rencontré les organisateurs du Festival pour avoir l’autorisation de filmer qui malheureusement ne nous a pas été accordée…

jeudi 2 juin 2011

République Tchèque: Prague

Le trajet Timisoara-Prague (700 kilomètre à vol d'oiseau) s'est fait tranquillement en 4 jours durant lesquels nous nous sommes arrêtés plusieurs fois histoire de nettoyer Roger, de passer une journée dans un coin tranquille pour faire notre lessive etc. Nous sommes arrivés dans la capitale Tchèque un jeudi soir. Nous avons passé tout le weekend à chercher des lieux qui sortent de l'ordinaire mais la tache ne fut pas facile car Prague est l'une des villes les plus touristiques d'Europe et tout est fait pour les touristes.

Nous trouvons un premier lieu à visiter à priori intéressant, où nous nous rendons le dimanche soir. Il s'agit d'un ancien abri anti-atomique, un bunker souterrain appelé PARUKARKA qui s'enfonce jusqu'à 20 mètre sous terre et où des concerts sont programmés trois fois par semaine. Malheureusement, tout ce que nous avons trouvé ici ce soir là était un concert lycéen pas vraiment dans la cible de ce que nous recherchions...
Le lundi nous nous sommes rendu dans un autre lieux appelé "Chapeau Rouge", un bar/concert bâti sur 3 étages sous terrains avec une programmation quotidienne fulgurante.



Entre deux étages au Chapeau rouge


Avec trois salles de concert, une à chaque étage, et 4 bars dans la même enceinte en plein centre ville de Prague, Chapeau rouge s'affirme comme un lieu de référence en matière de soutien à la culture underground  à l'échelle du pays. Ici nous avons rencontré une certaine Lucie, programmatrice culturelle spécialisée dans les arts urbains (hip hop, graf') et coordinatrice du Chapeau rouge. Après nous avoir accordé une interview, Lucie nous a donné plusieurs plans et contacts pour le reste de la semaine. 

Le premier contact, celui de Matej qui nous a accueilli dans son appartement histoire de passer une nuit en dehors du fourgon et de prendre une petite douche. Le second est celui de Ann qui est animatrice radio sur Radio Spin, la première radio hip hop de république Tchèque. Pendant la journée, Radio Spin diffuse du rap "mainstream" (commercial, ce qu'on peut voir sur MTV à longueur de journée), mais les soirées sont consacrées au hip hop indépendant, à la scène locale, et de manière plus globale à la culture underground. Nous nous sommes rendus à la radio mardi. On avait contacté Ann au préalable et on avait cru comprendre qu'il y avait un évènement particulier à 19h45, genre lancement d'un magazine indépendant ou un truc comme ça. En fait pas du tout. Nous sommes arrivés à 20H10 et Ann nous a accueillis pendant son émission. Sans trop savoir ni pourquoi ni comment on s'est retrouvés en direct sur la radio tchèque, interviewés sur notre projet de documentaire. Une expérience assez marquante pour nous qui n'étions jamais passés à la radio. Quelques minutes plus tard, un rappeur new-yorkais a débarqué dans le studio. En tournée européenne, SpiritChild (de son pseudo) qui avait joué la veille dans un club de Prague était là pour une interview. Nous sommes restés écouter l'interview, principalement axée sur l'engagement du rappeur sur différents fronts: féminisme, démocratisation de la culture hip hop, travail social avec les jeunes du bronx, etc...Dans les quatre dernières minutes de l'émission SpiritChild et Thibault sont parti dans un jam freestyle, Thibault assurant le beat avec son harmonica (voir vidéo).

Mercredi on est allé à une soirée hip hop au Club Cerv, toujours sur les recommandations de Lucie. Il est difficile de décrire ce lieu. Disons accueillant, convivial et sans prises de têtes. C'est un bar qui affiche moins d'ambition que Chapeau rouge par exemple. Il est plus petit, tout le monde se connait et il n'y a pas de volonté de programmer des grosse tête d'affiche.  En fait c'est un lieu assez simple où les gens sont ouverts et où les bières sont pas cher. Surement de par ces caractéristiques, c'est un des piliers de la vieille et nouvelle scène undergound praguoise. Scène ouvertes, concerts à même le sol, le club permet à tout à chacun de s'exprimer par sa musique. Le mercredi soir est consacré aux jeunes MCs de Prague. Un micro (ou deux pour les battles), un DJ, et les jeunes rappeurs posent leur flow tout au long de la soirée. Nous avons filmer quelques unes de leur performances avec parfois d’excellentes surprises. Nous avons également interviewé DJ Backman, un des seuls DJ "old school"  de Prague. Son témoignage sur l'évolution de la scène underground en république tchèque a enrichi notre sujet.

Nous partons demain pour Berlin, la référence européenne des cultures alternatives...On verra ce qui nous attend là bas. 

mercredi 1 juin 2011

RECLAIM! Underground Timisoara Festival

Au sein de la zone industrielle de Timisoara (sud ouest de la Roumanie), dans l'ombre des cheminées fumantes des usines, se tient depuis 14 ans le RECLAIM! Underground Timisoara Festival. Pas d'affiche, aucune indication, juste une vieille enseigne d'usine au dessus d'un portail bleu.  Il nous a fallu 5 heures pour le trouver, passant et repassant devant le lieu sans l’apercevoir. Ce festival est le rendez-vous roumain de la culture underground européenne. Loin du festival en plein air tout public accueillant des milliers de spectateurs, l'Undergroud Festival se déroule à l'Atelier DIY: quatre salles d'une usine désaffectée. Pas d'artifices, pas de déco, pas d'attractions, simplement quelques lights, un retro projetant des films indépendants, le bar et deux scènes où des groupes venant de toute l'Europe (Rome, Paris, Barcelone, Berlin...), plus barrés les uns que les autres, régalent le public pendant deux jours.


Noise punk, anarchopunk, shoegaze, space-doom-psych-rock-jam, experimental noise rock, industrialien post rock, breakcore, teckno-punk, sci-fi grind'n'roll...Dans tout ces genres on a du mal à s'y retrouver, mais c'est plus une histoire d'identités que de genres. Chacun des groupes ou artistes sort du lot, a son propre son, sa propre mise en scène, son propre show. Les sons vont toujours plus loin, distorsion à outrance, tempos effrénés, rythmes déstructurés, mélodies sans fins...Le milieu underground est relativement fermé mais la musique est paradoxalement très ouverte, sans limites, allant des sons de synthé kitch des années 90 au punk le plus brut et puissant.


Parmi les groupes que nous avons filmés il y a Romantic Jurgen, un groupe de Timisoara qui livre sur scène une performance assez minimaliste dans la composition (un mec aux machines, un autre à la batterie et une chanteuse). Mais les sons synthétiques longs et puissant ponctués par la rythmique haletante de la batterie l'énergie de la chanteuse donnent à ce cocktail pop un esprit punk indéniable. Nous avons également rencontré Creutzfeldt Jacky après son live. Lui il fait de la techno avec une game boy. C'est assez génial. Les basses vous clouent sur place, les parties mélodiques vous transportent, et le son mythique de la gameboy vous rend un brin nostalgique. Il y avait aussi la Fraction, groupe mythique de la scène punk française. En deux minutes le public transpirait autant que les musiciens . Le groupe réussi a propager son énergie jusqu'au fond de la salle, personne n'est délaissé, tout le monde prend son pied. 



 Il y avait au total 22 artistes sur deux jours. Tous connus dans le milieu underground, mais inconnus de la plupart des gens. Ce genre d'évènements du milieu underground n'est pas évident  à filmer pour nous. Il se pose le même problème que dans les squats les plus marginaux que nous visitons. Ces porteurs de la culture DIY (Do it yourself) sont extrêmement réfractaires aux médias. On prend donc le temps de discuter au préalable avec eux du sujet du doc, des objectifs et de leur vision des choses.

Après Timisoara nous avons pris la route pour Prague...

jeudi 26 mai 2011

Mission Budapest over


La mission Budapest a suivi son cours... Le lendemain du concert de Vessels nous avons cherché toute la journée quelque chose d'intéressement à filmer mais rien à faire, c'était lundi soir et il n'y avait rien à se mettre sous la dent! Nous avons passé toute la journée du mardi à szimpla kert, ce bar immense et peu usuel a quelque chose de magique et on s'y sent rapidement comme à la maison.



Nous avons profiter de cette journée pour vider les images sur les disques dur et recharger les batteries histoires d'être au top pour le festival underground de Timisoara en Roumanie. En même temps nous cherchions minutieusement dans tous les programmes culturels  disponible sur Budapest, decortiquant chaque page de programmation de concert, chaque petite rubrique évènementiel, un bon nombre de page internet aussi mais l'offre de musique live le du mardi soir n'est guère plus généreuse que le lundi...


Finalement en fin d'après midi, alors que nous commencions à desespérer, trois mec ont débarqué avec leurs instruments et ont commencé à installer leur matos sur une scène au fond du bar que nous n'avions même pas encore remarqué, c'est dire tous les coins et recoins qu'offre szimpla kert! Là nous leur demandons si nous pouvons les interviewer et filmer le concert,  ils acceptent cash. Ce groupe vient de Lituanie et s'appel FREAKS ON FLOOR. Sans savoir à quoi s'attendre, nous allumions les caméras au moment où le concert a commencé et ce fut une très bonne surprise. Une batterie, une basse, une guitare et une voix, rien de très original a priori et pourtant il était difficile de décrire leur musique qui explore tous les styles avec une subtilité qui leur permet de garder une identité bien spécifique et identifiable.



Freaks on floor c'est de la pop qui groove avec du funk, du rock avec des touches bien marquées de jazz, du metal hard core par moment, on y retrouve aussi certaines influences orientales et même du rap U.S des années 90. En plus d'être musicalement riche et solide, la voix du chanteur Justinas ajoute une energie et même une touche d'humour lors des prestations en live. Après le concert, ils nous ont offert leur CD que nous écoutons en boucle depuis plusieurs jours.

Nous avons pu également interviewer le programmateur culturel du szimpla kert, Yuri, un type très sympa et très amusant, qui était persuadé que nous étions de la télévisions Française.  Il nous a présenté szimpla kert ainsi que la philosophie qui va avec, un lieux d'échange, de rencontre ouvert à tous, pour faire la fête, faire de la musique, pour se reposer ou simplement boire un verre entre amis.

Plus tard dans la soirée une autre personne est venu se présenter à nous, Zack, un hongrois designer de lunette et ami des Freaks on Floor, c'était lui qui leur avait donné l'adresse  du szimpla pour jouer ce soir là. Ils nous à expliqué qu'il réutilisé des vieux vinyles pour fabriquer des montures de lunettes, et qu'à force de se rendre chez le disquaire, il avait sympatisé avec un des habitués de la boutique qui n'était autre que le chanteur du groupe.

Encore plus tard dans la soirée, un autre mec dont je ne me rappel plus le prénom est venu  à notre rencontre pour nous informer qu'il y avait un studio d'enregistrement à l'étage, qu'il est en train de répéter avec son groupe et qu'il serait ravi que nous venions filmer leur répétition en studio.  La soirée fut inattendu, très productive, pleine de rencontres et de folie, elle a continué  jusqu'à tard dans la nuit mais ce qui s'est passé après n'avait vraiment plus rien à voir avec le documentaire...